Le danger des particules
Parmi les différents résultats présentés lors du colloque « Qualité de l’air et particules » du programme de recherche PRIMEQUAL qui s’est tenu à Rouen les 2 et 3 octobre 2007, ceux qui s’appliquent au domaine de la santé ont marqué de manière décisive la connaissance des impacts de la pollution atmosphérique.
Manifestations inflammatoires des voies respiratoires, allergies, crises d’asthme et bronchites chroniques à long terme, réduction de
la capacité respiratoire chez les enfants, augmentation de la mortalité cardiopulmonaire et du cancer chez l’adulte, et manifestations cardio-vasculaires sont autant de conséquences identifiées
de la pollution par les particules. Évalué par la commission
européenne, l’impact sanitaire des seules particules fines d’une taille inférieure à 2,5 microns (PM2,5) se traduit pour
l’année 2000 par la
perte de neuf mois d’espérance de vie, 386 000 décès prématurés par an et 110 000 hospitalisations graves par an. Un constat d’autant plus inquiétant que la directive européenne 1999/30/CE visant à réduire la pollution ne réglemente pas les particules de diamètre inférieur à 2,5 microns dont la taille les rend pourtant plus
dangereuses pour la santé. Ce sera bientôt chose faite grâce au projet de directive actuellement en cours d’adoption au Parlement.
En outre, l’une des conclusions du Grenelle de
l'Environnement dans ce domaine consiste à définir dans les prochains mois un plan particules pour la France avec un
objectif de 15µg/m3 (PM2,5), valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015, soit une réduction de 30% par rapport à aujourd’hui.
La première étude réalisée sur l’air ambiant à Paris s’intéressait aux impacts potentiels de la pollution par les particules fines
(PM2,5 et PM1) et ultra-fines (PM0,1) sur l’appareil respiratoire humain. Pour la première fois de manière exhaustive, elle a permis de caractériser la composition chimique pour les différentes
tailles de particules présentes. Les effets de chaque fraction granulométrique ont été étudiés et confirment le rôle prépondérant des fractions les plus fines dans la réponse proinflammatoire des
cellules pulmonaires et donc le rôle prépondérant joué par le trafic automobile.
Des résultats qui permettent d’affirmer que la mesure des particules de diamètre inférieur à 1 micron (PM1) devrait être envisagée pour mesurer l’impact des particules plus fines que celle de la
PM2,5.
La seconde étude portait sur les impacts d’une inhalation de pollution particulaire sur les fonctions cardiaques, reproductrice et rénale. Destinés à réduire les émissions de polluants, certains pots catalytiques modifient en effet les composés rejetés en les oxydant. L’étude a ainsi montré que, comparées aux émissions non post-traitées, les émissions traitées induisent un stress oxydant systémique important chez le rat au niveau du poumon, du coeur, du foie et du rein, et que le dioxyde d’azote (NO2) apparaît responsable d’une part importante de ces effets. Au vu de ces résultats, les stratégies de dépollution des fumées de moteur, élaborées pour répondre à l’évolution de la règlementation « Euro », laissent prévoir une aggravation du potentiel oxydant et des émissions de dioxyde d’azote (NO2) des moteurs Diesel. Il convient donc d’accélérer la mise au point de dispositifs d’élimination des oxydes d’azote émis par les véhicules légers afin de limiter l’exposition des Européens.
Ces études constituent une avancée majeure dans la compréhension des effets de la pollution
atmosphérique sur la santé. En associant les collectivités territoriales au Comité d’orientation du programme et en accordant davantage de place aux recherches en sciences humaines et
sociales, le programme PRIMEQUAL s’engage en 2008 dans une nouvelle dynamique qui visera à associer davantage et de manière plus systématique les producteurs de connaissances et
leurs utilisateurs pour une meilleure prise en charge des risques liés à la pollution atmosphérique.
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