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Baigné par la Marne et la Seine, le département du Val-de-Marne vient de se doter d'un "plan bleu" pour préserver sa ressource en eau,
issu d'une démarche participative inédite menée depuis deux ans avec citoyens et acteurs de l'eau.
Lutte contre le gaspillage, maîtrise de la pollution, reconquête des berges, aménagement... ce plan
global vise à améliorer la protection de la ressource en eau, tout en valorisant l'image du département, selon Jacques Perreux, vice-président
(PCF) du conseil général chargé des questions liées à l'eau et l'environnement.
Adopté fin mai par l'assemblée départementale, le plan sera lancé officiellement le 27 juin avec la signature d'une charte par quelque 70 partenaires (communes, agence de l'eau
Seine-Normandie, associations, industriels de l'eau, syndicats d'assainissement, etc.)
L'ambition est de "fédérer utilisateurs, gestionnaires et consommateurs" pour une "nouvelle culture de l'eau", explique Jacques Perreux.
L'originalité de ce plan bleu tient aussi à la démarche participative dont il est issu, "unique en France", souligne Stefania Molinari, qui a travaillé à son élaboration à la direction
des services de l'environnement et de l'assainissement.
Lors de l'édition 2007 du festival de l'Oh!, manifestation autour de l'eau organisée par le conseil général, les habitants avaient été invités à participer au projet. Près de 300
personnes s'étaient portées candidates, dont 40 formant un panel représentatif ont été retenues pour élaborer la charte.
Après avoir bénéficié d'une petite formation, explique Stefania Molinari, ces citoyens ont intégré les ateliers aux côtés des institutions, associations et professionnels publics et
privés de l'eau pour apporter leurs idées.
10 objectifs
"La démarche participative m'intéressait, c'est une chose un peu trop rare dans notre République", raconte Hubert Monot, l'un des habitants engagés dans cette aventure de deux ans. Cet
informaticien de 55 ans, "sensibilisé" à la problématique de l'eau parce qu'il lui "arrive de faire du bateau", se dit "pleinement satisfait" que des non-spécialistes aient été associés à
la réflexion.
"Le plan a su faire la synthèse" des contributions, engrangées aussi à l'occasion de débats publics, en étant "bien orienté sur une politique de traitement et de valorisation du
patrimoine aquatique" du département, se félicite-t-il.
Au final, la charte définit dix objectifs que les signataires s'engagent à mettre en œuvre : améliorer la connaissance et le suivi de cette précieuse ressource, lutter contre le
gaspillage ou maîtriser les sources de pollution.
Un plan décline ces objectifs en "94 actions très concrètes", ajoute Jacques Perreux, comme la "mobilisation contre l'usage des pesticides" ou le "traitement expérimental des eaux
pluviales pour les rejeter propres dans la Marne".
Le conseil général, qui ambitionne que le Val-de-Marne "devienne une terre sans pesticide", entend montrer l'exemple. Sa consommation de produits phytosanitaires, équivalente à 24.300
euros en 2006, est passée l'an dernier à 1.300 euros. "Nous voulons aller vers le zéro, dit Jacques Perreux, et entraîner avec nous les autres collectivités, les maraîchers et les
jardiniers du dimanche".
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